—Pardieu! dit-il, s'il ne s'agit que d'enterrer le damné Pardaillan, je suis votre homme!
—En route! fit l'oncle.
—En route! répéta le neveu, brandissant un couteau.
Alors Gilles ceignit une lourde épée qu'il avait décrochée d'une panoplie de son maître. Il passa deux pistolets à sa ceinture et remplaça son bonnet par un casque.
Puis ils sortirent. Dans la remise de la maison, il y avait une petite charrette. Gillot attacha un âne à la charrette.
—Prends aussi une corde, ordonna l'oncle. Nous la lui attacherons au cou avec une bonne pierre...
Ces préparatifs achevés, ils se mirent en route, l'oncle marchant en avant l'épée d'une main, la lanterne de l'autre, le neveu venait derrière, traînant l'âne par la bride. Ils arrivèrent sans encombre à l'hôtel de Mesmes, firent entrer l'âne et la charrette dans la cour, barricadèrent la porte et se rendirent tout droit à l'office, où, d'un grand coup de vin, ils se remirent de leurs émotions.
L'heure était venue d'exécuter la deuxième partie de l'expédition. Minuit sonna au temple tout proche. Gillot se signa, et Gilles saisit les clefs de la cave. Devant la porte de la cave, ils s'arrêtèrent un moment. Puis l'intendant poussa les verrous extérieurs, donna deux tours de clef, et la porte s'entrebâilla. L'intendant, d'un coup de pied, poussa la porte. Mais elle résista.
—Qu'est-ce que cela veut dire? murmura Gillot.
—Imbécile! dit Gilles, cela veut dire qu'il s'est barricadé lorsqu'on l'a poursuivi et traqué. Allons, il s'agit de démolir tout cela!