L'oeuvre de démolition commença aussitôt. Au bout d'une heure de travail, le passage se trouva libre, la porte s'ouvrit toute grande, ils descendirent l'escalier, Gilles toujours en avant, sa lanterne à la main. Il était d'ailleurs si assuré maintenant qu'il n'avait plus affaire qu'à un cadavre, qu'il avait dédaigné de descendre avec l'épée. Gillot le suivait pas à pas, son couteau à la main.
La cave était vaste et se composait de plusieurs compartiments; il y avait des coins et des recoins, des trous sombres derrière des futailles: l'exploration commença... Dans un coin du troisième compartiment, Gilles se baissa tout à coup avec un cri étouffé:
—Des ossements! s'écria-t-il.
—Les rats l'ont rongé!
—Mais ce ne sont pas les ossements d'un homme!
Les ossements étudiés, les deux nocturnes visiteurs se regardèrent avec stupéfaction.
—Des os de jambons, fit l'oncle.
—Des bouteilles vides! ajouta le neveu en montrant non loin de là une montagne de flacons décapités.
—Le misérable, avant de mourir, a bien mangé et bien bu!...
La recherche recommença plus acharnée. Au bout de deux heures, la cave avait été explorée jusque dans ses recoins les plus cachés: il fut évident que le cadavre de Pardaillan n'y était plus.