Enfin, que Sa Majesté Henri II devait, ce jour-là même, à quatre heures, faire une visite, au chef de ses armées. On en concluait qu'une nouvelle campagne se préparait.

Plus d'une fois le connétable s'était avancé jusqu'à la porte du cabinet où on avait introduit la femme.

Et toujours il avait reculé, frappant du pied avec colère, reprenant sa promenade dans le demi-silence de la salle d'honneur. Enfin, il parut se décider, poussa brusquement la porte, et entra.

Au milieu du cabinet, la femme, debout, attendait. Elle avait déposé son enfant endormi dans un fauteuil, et, appuyée au dossier, le contemplait... Rudement, il demanda:

—Que voulez-vous, madame?

—Monseigneur...

—Oui, reprit le connétable, ce n'est pas moi que vous attendiez, n'est-ce pas? Au lieu du fils que l'on espère encore séduire par de mielleuses paroles, c'est le père inexorable qui paraît! Et cela vous déconcerte, n'est-ce pas?

Jeanne de Piennes releva son douloureux visage:

—Monseigneur, il est vrai que j'espérais voir François... mais une femme de ma race ne peut se déconcerter à se trouver en présence du père de son époux!

—Votre époux! gronda le connétable en serrant les poings. Croyez-moi, je vous engage à ne point invoquer ce titre devant moi! François m'a tout raconté cette nuit. Tout, entendez-vous bien! Je sais que vous et votre père avez été assez habiles pour arracher à la faiblesse de mon fils un mariage. Quel mariage, d'ailleurs! nocturne et honteux comme un vol!...