—Non, chevalier! Le maréchal ne les a pas reprises. C'est moi qui leur ai rendu la liberté...

—Libres! Elles sont libres!...

—Lorsque je me suis vue condamnée lorsque j'ai compris que mon noble fiancé allait me maudire ah! chevalier, quel horrible enchevêtrement de malheur dans ma vie!... je n'avais plus à redouter les révélations dont Damville me menaçait, puisque ces révélations, la reine de Navarre les faisait elle-même!... Je monte chez les prisonnières... Je leur dis:—Pardonnez-moi le mal que je vous ai fait allez... vous êtes libres!... Et voici que si ce funeste accès de générosité ne m'était pas venu Loïse sortirait maintenant d'ici, emmenée par vous qui l'aimez! Ah! oui, je suis maudite!

Vous exagérez le malheur, madame, dit doucement le chevalier. C'est déjà une joie immense pour moi de savoir que Loïse n'est plus au pouvoir du damné maréchal... Mais ne vous ont-elles pas dit où elles comptaient se retirer?

—Hélas! j'étais si bouleversée que je n'ai même pas songé à le leur demander...

Il y eut un moment de silence.

—Je voudrais, dit Pardaillan, vous poser une question... Rassurez-vous, madame, elle m'est toute personnelle... Vous avez dû parfois vous entretenir avec elles?...

—Deux ou trois fois seulement.

—Eh bien, reprit le chevalier, dans ces circonstances... ou d'autres... enfin, tenez, madame, je veux savoir si jamais mon nom a été prononcé par Loïse...

—Jamais, dit Alice.