—Ne pensons plus à cela, madame. Et, puisque vous me traitez en ami, puis-je vous demander un sacrifice?
—Quel qu'il soit, je suis prête!
—Sachez donc que moi aussi j'aime. Maintenant, supposez, madame, que le comte, votre fiancé, soit détenu prisonnier chez moi... et supposez que vous veniez me demander sa liberté!... Ah! madame, à votre agitation, je vois que vous m'avez compris! Un seul mot, un seul: le sacrifice que vous êtes prête à accomplir pour moi ira-t-il jusqu'à rendre la liberté à Jeanne de Piennes et à sa fille?
A mesure que le chevalier parlait, Alice paraissait plus bouleversée.
—Vous aimez Loïse... Loïse de Montmorency...
—Oui, madame!
—Malheureuse!... murmura sourdement Alice, tout ce qui m'approche est flétri!...
—Vous ne pouvez me la rendre, n'est-ce pas?...
—Loïse et sa mère ne sont plus ici!... Elles ne sont plus ici, depuis le lendemain du jour où vous m'avez annoncé que le comte de Marillac allait voir la reine de Navarre.
—Damville les a reprises! gronda le chevalier... Oh! cet homme se cache! Mais, dusse-je parcourir la France, je mettrai la main sur lui! Et alors...