Pardaillan se retourna, et demeura tout ébaubi: il se trouvait seul dans un grand demi-cercle dont la corde était formée par des maisons de la rue et dont la ligne de circonférence était formée par des cavaliers sur un rang. Le cavalier qui se trouvait au milieu de cette ligne était Henri de Montmorency, duc de Damville, maréchal des armées du roi.

Près de lui, un homme au sourire mauvais couvait Pardaillan d'un regard mortel. C'était Orthès, vicomte d'Aspremont. A l'aile droite de la courbe, se trouvaient Maurevert et Saint-Mégrin. A l'aile gauche, Quélus et Maugiron.

Pardaillan se redressa et, d'une voix de fanfare, il dit:

—Bonjour, messieurs les assassins!

Un murmure féroce parcourut le rang des cavaliers. L'un d'eux fit un geste et tous se turent: c'était le capitaine des gardes du duc d'Anjou. Il dit:

—Monsieur de Pardaillan, votre épée!

—Allons donc! claironna la voix, de Pardaillan. Tu veux mon épée: viens la prendre!

En même temps, il tira sa rapière en un de ces gestes flamboyants dont avait hérité son fils.

—Monsieur, votre épée! gronda encore le capitaine d'Anjou.

—Dans ton coeur ou ton ventre! à ton choix! grinça Pardaillan.