—Vous voici, cher ami, je n'attendais plus que vous. Nous allons partir...
—Partir, monseigneur? Quitter Paris?
—Oui. J'ai des raisons de croire que nous continuerions en vain à fouiller Paris. On m'a signalé une mystérieuse escorte qui, sur la route de Guyenne, accompagne une voiture, fermée... Elles sont là, chevalier! La Guyenne, c'est le gouvernement de Damville. Nous rejoindrons cette escorte, nous l'attaquerons.
—Monseigneur, j'oserai vous prier d'attendre jusqu'à ce soir pour quitter Paris, dit le chevalier, pour le moment, je vous prie de m'accompagner seul, à pied...
—Pardaillan, vous savez quelque chose!
—Venez, monseigneur, dit le chevalier avec un accent où il y avait à dose égale de l'ironie et du désespoir.
—Allons!... Mais songez que le temps est précieux.
L'instant d'après, ils étaient en route et bientôt ils arrivaient à la ruelle des Fossoyeurs sans avoir fait la moindre rencontre qui pût les arrêter. Ils frappèrent. Ramus ouvrit. Ils entrèrent dans la maison et, arrivés dans cette belle salle à manger où Ramus avait introduit les deux Pardaillan, le chevalier dit simplement:
—Monsieur Ramus, voulez-vous pousser votre générosité jusqu'à nous laisser seuls pour une heure dans cette salle?
—Cette maison est à vous, mon enfant, dit le vieux savant, qui se retira dans une pièce du rez-de-chaussée.