—Messieurs, dit Ramus, j'ai assisté au terrible combat d'hier. Hélas! En quels temps vivons-nous!... Et je vais vous expliquer comment je me trouve ici. Mais veuillez d'abord entrer...
Les deux Pardaillan obéirent, et Ramus leur fit descendre un escalier. Ils se trouvèrent alors dans une belle salle à manger d'apparence cossue.
—Messieurs, dit Ramus, comme je vous le disais, je m'étais hier posté dans cette rue pour voir le passage du roi. Je vis donc le défilé du cortège, et j'assistai ensuite à l'effrayant combat que vous avez livré. Là, j'ai entendu vos noms. Mais la politesse m'obligeait à m'en tenir à ceux que vous m'aviez donnés vous-mêmes... Vie pour vie! Je vous devais la mienne. J'ai voulu racheter la vôtre... Hier, je vins donc trouver le propriétaire de cette maison et je l'ai louée pour trois jours, car il n'a pas voulu me la céder plus longtemps.
—Vous n'avez plus qu'à me suivre. Vous sortirez d'ici de la façon la plus naturelle du monde, c'est-à-dire par la porte, laquelle porte n'est point surveillée, car elle donne sur la ruelle...
—Monsieur, dit alors le chevalier, pour des motifs que monsieur mon père vous expliquera, nous ne pouvons partir... du moins pas tout de suite. Je serai donc seul, pour l'instant, à profiter de l'issue que vous nous offrez.
—Venez, jeune homme!
Le savant descendit encore un escalier. Le chevalier se trouva devant une porte qu'il entrebâilla.
Il constata.. alors qu'il se trouvait dans la ruelle aux Fossoyeurs, perpendiculaire à la rue Montmartre. La ruelle n'était nullement surveillée.
Au lieu de prendre la rue Montmartre où il risquait de se heurter aux gardes, le chevalier descendit en courant la ruelle, fit un assez long détour et prit le chemin de l'hôtel de Montmorency, où il ne tarda pas a arriver.
Quelques instants plus tard, Pardaillan se trouvait en présence du maréchal qui, fiévreusement, lui dit: