—Oui, Loïse!... Le nom du chevalier de Pardaillan!...
—Je ne l'oublie pas, ma mère! Et je vous jure que, cet homme, je le déteste de toutes mes forces, pour ce mal inconnu qu'il vous a fait!... Mais l'autre! l'autre, plus criminel encore, m'avez-vous dit!...
—Jamais! jamais!, reprend Jeanne au fond de son coeur.
Loïse respecte le silence de sa mère, et pousse un soupir. Les deux femmes se penchent vers la tapisserie, et on ne voit plus que leurs deux mains agiles qui vont et viennent, tandis que leurs cheveux se touchent, se frôlent...
Bientôt la tapisserie est terminée.
Jeanne, alors, s'enveloppe d'une mante et, après avoir serré Loïse sur son coeur, sort pour se rendre chez la dame qui a commandé cet ouvrage... dame Marie Touchet.
Loïse a accompagné sa mère jusque sur le palier. Elle rentre alors et, comme attirée par une force invincible, court à la fenêtre de l'autre pièce qui donne sur la rue Saint-Denis...
En face, se dresse une grande maison: l'hôtellerie de la Devinière.
Loïse lève sa tête charmante vers l'hôtellerie, craintivement, furtivement, tandis que son jeune sein se gonfle d'espoir et d'émoi. Là-haut, à une fenêtre de grenier, apparaît un jeune cavalier... Du bout des doigts, il envoie un baiser à Loïse...
Loïse hésite, rougit, pâlit... elle demeure un instant les yeux fixés sur l'inconnu... et ce regard est peut-être un aveu.