—A quoi songez-vous, ma mère?

—Je songe, mon enfant, ma petite Loïse adorée, que peut-être tu n'étais pas née pour ce pénible labeur... et que c'est bien triste pour moi de voir des piqûres d'aiguilles au bout de tes jolis doigts...

Jeanne saisit la main de sa fille et couvre ses doigts de baisers. Loïse éclate d'un joli rire sonore, clair, d'une charmante gaieté.

—Bon, ma mère! s'écrie-t-elle. Croyez-vous donc que j'aie des mains de jeune princesse?...

La mère tressaille profondément.

—Qui sait, reprend-elle, qui sait si, sans ces deux hommes maudits...

Loïse laisse tomber son aiguille, et, très émue, cette fois:

—Ah! ma mère! quand me direz-vous ce terrible secret qui pèse sur votre vie?...

—Jamais! jamais! murmure sourdement Jeanne.

—Quand me direz-vous, reprend Loïse qui n'a pas entendu, le nom des deux hommes, cause du malheur qui est dans votre existence, je le sens!... De ces deux noms, vous ne m'en avez jamais dit qu'un!...