Jeanne s'est approchée de son enfant.

La mère et la fille se sourient... et quiconque les verrait en ce moment se demanderait laquelle des deux est la plus admirable, et jurerait que ce sont deux soeurs que quelques années séparent à peine!

Jeanne s'assied devant Loïse, prend l'autre extrémité de la tapisserie et se met à travailler activement.

—Mère, dit Loïse, reposez-vous. Voilà trois nuits que vous passez sur cet ouvrage...

—Chère Loïse!... Tu oublies que je dois porter cette tapisserie aujourd'hui même à cette jeune dame...

—Que vous m'avez dit de bonne bourgeoisie... dame Marie Touchet, je crois?...

—Oui, mon enfant...

—Ah! ma mère, pourquoi ne sommes-nous pas, nous aussi, de bourgeoisie?... Pourquoi sommes-nous de pauvres ouvrières?... Je dis cela pour vous, ajouta vivement Loïse, car, moi, je suis si heureuse!...

Jeanne jette un profond regard sur sa fille, et murmure en tressaillant:

—De bourgeoisie!... Pauvre enfant sans nom!... Que dirais-tu si tu savais que tu t'appelles Loïse de Montmorency?...