Maurevert parcourut longtemps les salons, cherchant quelqu'un.
Il aperçut enfin un groupe nombreux de seigneurs qui paraissaient faire leur cour à un personnage qui, d'après l'attitude et le nombre des courtisans, ne pouvait être que le roi lui-même.
Ce n'était pas le roi, c'était Henri, duc de Guise.
Il portait avec une grâce hautaine un costume qui était une merveille de magnificence et de bon goût: la garde de son épée de parade étincelait de diamants; chacun des rubans de son pourpoint était fixé par une grosse perle; une agrafe de rubis et d'émeraudes supportait les plumes blanches de sa toque.
Henri de Lorraine, duc de Guise, heureux, souriant, resplendissant de jeunesse, réellement magnifique, pouvait en cette soirée passer pour le cavalier le plus accompli de la cour de France. Il riait avec les siens des huguenots qui passaient en leurs costumes plus sévères.
Tout à coup, l'idée d'une excellente farce traversa sans doute son esprit. Car il se mit à rire plus nerveusement que jamais: Téligny, gendre de l'amiral, venait d'apparaître, donnant la main à sa femme, Louise de Coligny, alors dans tout l'éclat de sa beauté.
Guise la vit de loin. Il étouffa un soupir et pâlit légèrement. Puis, éclatant de rire, comme nous avons dit, il s'écria:
—Messieurs, une jolie comédie!... Approchez-vous, je vais vous expliquer cela.
Le cercle des courtisans se resserra. A ce moment, quelqu'un toucha Henri de Guise au bras. Le duc se retourna et vit Maurevert.
—Attendez-moi, messieurs, dit-il. Je reviens à l'instant, et nous allons combiner ensemble une petite mascarade dont il sera parié!