Quant à Maurevert, il se perdit dans la foule, gagna lentement les portes des salons, puis sortit du Louvre et disparut dans les rues noires.
VI
L'ORAGE GRONDE (suite)
«Le bravo d'abords et lui ensuite!» avait dit la reine Catherine à sa suivante Paola.
Nous venons d'assister à l'entretien qu'elle avait eu avec Maurevert. La suivante florentine introduisit alors le personnage que la reine avait simplement appelé «lui».
Ce nouveau personnage, ayant salué la reine, se tint immobile devant elle dans une attitude de raideur où il y avait autre chose que de la fierté. Il était très pâle. Ses yeux ardents éclairaient cette pâleur d'un feu étrange.
Cet homme, c'était le comte de Marillac.
—Vous êtes fidèle au rendez-vous, dit enfin Catherine; merci, comte.
—C'est bien plutôt à moi de remercier Votre Majesté de l'intérêt qu'elle daigne me témoigner, de la promesse qu'elle a bien voulu me faire...
La reine fit un signe de tête où il y avait de la lassitude, de la mélancolie, des sentiments réprimés, quelque chose comme une affection profonde qui n'ose éclater. Sa voix avait pris une douceur extraordinaire.