—Comte, dit-elle de cette voix harmonieuse, restée si jeune et si pure, il faut avant tout que je vous supplie de ne pas vous étonner de cet intérêt que vous avez pu remarquer...
—Madame, s'écria Marillac remué jusqu'aux entrailles, est-ce bien la reine qui me parle ainsi?
Et, en cette minute, il eut l'impression émouvante que Catherine allait lui répondre:
«Non pas la reine... mais vôtre mère!...»
Cette réponse ne vint pas.
—Comte, dit-elle, vous êtes l'homme le plus généreux que j'aie rencontré... C'est à cette générosité que je fais appel pour vous prier de ne pas m'interroger au sujet de cet intérêt... de cette affection que je vous porte.
—S'il y a un secret dans la pensée de Votre Majesté, et que ce secret soit surpris par moi, puisse-je être foudroyé par le feu du ciel avant que de mon coeur il soit monté à ma langue!
—Il y a un secret... Eh bien, oui, comte!... Et tenez... ce secret, je vous jure de vous le divulguer un jour... bientôt...
Le jeune homme laissa échapper un faible cri.
—Bientôt, reprit la reine avec un admirable désordre dans la voix, vous saurez pourquoi je m'intéresse tant à vous, pourquoi j'ai dû, dans notre dernière entrevue, feindre la froideur, et pourquoi, cependant, je vous offrais une royauté... pourquoi j'ai sondé votre chagrin... et pourquoi enfin je veux vous voir heureux!...