—Le jour?... Prenons le lendemain du mariage de ma fille Marguerite...

—L'heure?

—La meilleure: minuit! Allez, et puissiez-vous être heureux!

—Je le suis au-delà de toute expression, dit le comte en couvrant de baisers la main que lui avait tendue la reine.

—Un dernier mot, reprit celle-ci. Laissez-moi la joie d'annoncer à Alice son mariage; je dois une répara tion à cette pauvre enfant que j'ai rudoyée jadis plus qu'il ne convenait...

—Je vous obéirai, madame.

Et léger, soulevé par cette force de joie qui transporte les vrais amoureux, le comte s'éloigna, l'âme ravie, pour courir d'abord faire part de son bonheur à la reine de Navarre, et ensuite pour courir demander pardon à Alice.

A peine fut-il parti que la reine sortit de son oratoire, traversa son cabinet de travail et parvint à une pièce éloignée. Là, une jeune femme attendait dans la demi-obscurité de la pièce où brûlait un seul flambeau.

Cette femme, c'était Alice de Lux.

La reine alla à elle, lui prit la main et, la regardant jusqu'au fond de l'âme: