—Tu as entendu?

—Non, Majesté! dit Alice.

—Tu m'étonnes, fit la reine. Tu n'es donc plus toi-même!... Eh bien, écoute: il sort de mon oratoire; il t'aime plus ardemment que jamais; vous devez vous marier bientôt; ne lui demande ni le jour ni l'heure, ni le nom du prêtre; je t'instruirai de ces détails en temps voulu. Sache seulement que tu n'es pas la fille du comte de Lux, mais seulement une enfant qu'il a recueillie et dont on ne connaît ni le père ni la mère. C'est là le secret que tu avais confié à Jeanne d'Albret et qui te faisait trembler devant lui. Me comprends-tu?

—Oui, madame, dit faiblement Alice.

—Donc, à partir de ce jour, tu es heureuse. Plus de contrainte. Plus rien qui te gêne, puisque je suis seule à savoir...

—Et la reine de Navarre! murmura sourdement Alice.

—Ne t'en inquiète plus! répondit Catherine, d'une voix étrange. Donc, tu vas l'épouser, et vous partirez loin, où vous voudrez, et tu seras heureuse à jamais... tout cela à condition que tu m'obéisses jusqu'au bout... A la moindre hésitation de ta part, je te brise... et je le tue!

—J'obéirai, madame, dit Alice.

—Va, ma fille. Et rappelle-toi que je veux son bonheur et le tien...

Alice demeura immobile.