Mais, à peine le roi achevait-il le premier vers de son sixain qu'une rumeur soudaine s'éleva de la grande salle voisine où, une heure plus tôt, avait été joué le grand ballet des nymphes et des dryades.

—La reine se meurt!...

Voici ce qui se passait:

Nous avons vu le comte de Marillac se mettre à la recherche de Jeanne d'Albret. Il finit par la trouver à peu près au moment où Charles IX s'asseyait sur son trône, entre Ronsard et Coligny. Ce moment était celui aussi où Catherine de Médicis, entourée d'une escorte de gentilshommes, se dirigeait lentement, le sourire aux lèvres, vers la reine de Navarre.

Grave et pensive, Jeanne d'Albret assistait à cette fête donnée en l'honneur de son fils. A deux ou trois reprises, les dames d'honneur et les gentilshommes qui, autour d'elle, formaient une cour, l'avaient vue pâlir; puis une rougeur, ardente comme une flamme, avait remplacé cette pâleur.

Cependant, elle ne prêtait qu'une médiocre attention à ces symptômes d'un mal qu'elle ne pouvait prévoir.

Seulement, elle cherchait des yeux son fils Henri et, quand elle l'avait trouvé, elle le suivait d'un regard inquiet.

Ce fut sur ces entrefaites qu'elle aperçut tout à coup le comte de Marillac qui, faisant effort pour percer le cercle de courtisans, tâchait de s'approcher d'elle.

Elle sourit et tendit la main.

Aussitôt, les courtisans s'écartèrent et le comte, rayonnant de bonheur, comme nous avons dit, s'avança vivement pour saisir et baiser la main qui lui était tendue.