Ah bon! Tu ranges mon coffre? Eh bien, continue, mon garçon.

Gillot demeura interloqué.

—Que... je continue?

—Mais oui: il y a ici dans mon coffre vingt-neuf mille trois cent soixante-cinq livres en argent et soixante mille deux cent vingt-huit livres en or; en tout, si je sais compter, quatre-vingt-neuf mille cinq cent quatre-vingt-treize livres. Compte, mon garçon, compte devant moi, écu par écu; range-moi tout cela par piles de vingt-cinq; l'or à droite, comme étant plus noble; l'argent à gauche; allons... qu'attends-tu?

—Voilà, mon digne oncle, mon bon oncle, voilà! fit Gillot.

Et il se mit à vider ses poches, ses chaussures, son pourpoint.

Le rangement commença avec ordre et méthode sous les yeux de l'oncle qui brillaient comme des escarboucles.

A mesure que chaque pile reprenait sa place dans le coffre, un nouveau soupir s'étranglait dans la gorge de Gillot, tandis que l'oncle comptait:

«Encore quinze mille... encore douze mille...»

Le total baissait de plus en plus, à mesure que les écus étaient réintégrés.