—Ah! puissé-je donc être foudroyé plutôt que de continuer à porter de tels soupçons dans mon esprit!... Catherine ne peut avoir conçu de pareilles horreurs... Catherine m'aime... j'en suis sûr... elle est ma mère... ma mère!...

En parlant ainsi, Marillac avait ouvert le coffret avec une sorte de rage désespérée.

Dans le coffret, il y avait une paire de gants blancs ceux que portait Jeanne d'Albret, la nuit de sa mort.

Il les saisit et, fermant les yeux, les baisa longuement.

Pardaillan, hors de lui, en proie à une sorte de vertige, lui arracha les gants, les remit à leur place, funèbre relique, et, lui-même, alla renfermer, avec un effroi visible, le mystérieux coffret d'or dans l'armoire.

Il y eut alors entre les deux hommes un long silence lourd d'angoisse.

L'action rapide de Pardaillan venait de préciser dans l'esprit de Marillac un soupçon qu'il n'osait s'avouer à lui-même.

Sa joie fébrile, son bonheur trop surexcité par lui-même, la vague épouvante que recouvraient ce bonheur et cette joie, son incertitude, ses doutes, son désespoir latent, en un éclair aveuglant, il comprit tout, il se comprit soi-même.

Et il assista, muet d'horreur, à l'abominable drame qui se déroulait dans sa pensée.

La mort inexplicable de Jeanne d'Albret, ses mystérieux avertissements, ce regard de terreur qu'elle avait eu en lui montrant le coffret d'or, cette mort fit rentrer le soupçon dans l'esprit du comte.