—Eh! avais-je besoin que vous fussiez mon ami pour essayer de vous tirer des mains de ces enragés! Qui n'en eût fait autant à ma place?... Et puis, je dois vous l'avouer, j'avais une raison secrète de me jeter à votre secours...

—Quelle est cette raison, monsieur?

—Le désir que j'ai d'être agréable à la reine mère, dit Maurevert en s'inclinant avec un respect outré.

Marillac tressaillit et pâlit. Déjà Maurevert continuait:

—Si je ne suis pas de vos amis, monsieur le comte, si nous nous sommes même un peu regardés de travers à la dernière fête du Louvre, je n'en ai pas moins l'insigne honneur d'être des amis de la reine. Et savez-vous ce que la reine m'a dit tout récemment, à moi et à quelques autres de ses fidèles? Elle a dit, en propres termes, qu'elle vous considérait comme un parfait cavalier, qu'elle avait pour vous une véritable affection et qu'elle priait tous ses amis de vous protéger en toutes mauvaises occasions où vous pourriez vous trouver...

—La reine a dit cela! s'écria Marillac d'une voix altérée.

—Ce sont ses augustes paroles que j'ai l'honneur de vous répéter, monsieur le comte. Aussi, tout en acceptant le rendez-vous que vous me faites l'honneur de me donner, je vous prie de me tenir pour votre très dévoué.

Maurevert, après s'être incliné, fit un pas pour se retirer.

—Attendez, monsieur! dit Marillac.

Sombre, bouleversé, la voix tremblante, malgré tous ses efforts, il reprit: