—Monsieur, les paroles que vous prêtez à Sa Majesté ont pour moi une importance de vie ou de mort. Me jurez-vous que la reine s'est bien exprimée ainsi, en parlant de moi?

—Je vous le jure! dit Maurevert, avec une évidente sincérité. Je dois même ajouter que, si les paroles de la reine étaient affectueuses, le ton l'était plus encore. Ce n'est un secret pour personne, monsieur le comte, que vous êtes fort avant dans les faveurs de Sa Majesté, et qu'elle vous destine un haut commandement dans l'armée que M. l'amiral va conduire aux Pays-Bas.»

Un soupir, qui ressemblait à un rugissement, gonfla la poitrine de Marillac.

«Ma mère! ma mère! balbutia-t-il au fond de lui-même. Serait-ce donc vrai? Me serais-je donc trompé?...»

—Monsieur de Maurevert, reprit-il tout haut, je regrette de vous avoir mal accueilli.

—Tout le monde s'y fût trompé, monsieur le comte!

—Adieu donc et merci. Veuillez, je vous prie, me conduire à M. de Pardaillan, afin que nous partions ensemble.

—Monsieur le comte, je vous le répète: vous êtes libre. Mais, quant à M. de Pardaillan, c'est autre chose, vu que M. de Pardaillan est rebelle, accusé de lèse-majesté et que c'est mon devoir de l'arrêter.

—Vous l'arrêtez?

—C'est fait.