Marillac venait d'entrer.

La reine écarta de la main les lettres qui étaient devant elle.

Le comte, pâle, agité, violemment ému, s'approcha sur un signe qu'elle lui adressa.

—Voyons, reprit Catherine, qu'êtes-vous venu me demander?... Si tout est prêt pour la cérémonie de demain soir?

Marillac fléchit le genou.

—Votre Majesté, dit-il d'une voix tremblante, me comble d'une telle bienveillance que je serais ingrat de douter... Non, madame, ce n'est pas de moi qu'il s'agit. Je suis venu demander grâce.

—Grâce? fit la reine avec étonnement.

—Ou plutôt justice. Un de mes amis vient d'être saisi. Un ami, madame! Un frère!

—Il suffit, comte, dit la reine avec émotion. Il suffit que vous aimiez cet homme pour que je lui veuille tout le bien que je vous veux à vous-même. Son nom?

—Hélas! madame. Il a eu le malheur de vous déplaire à deux reprises différentes: une première fois, dans une entrevue qu'il eut avec vous au Pont de Bois, dans cette même salle où j'eus, moi, le bonheur de vous connaître! Une deuxième fois, au Louvre, dans le cabinet de Sa Majesté le roi...