—Qui a donné l'ordre? dit Catherine en fronçant le Sourcil.

—Sa Majesté le roi. Je crois que ce jeune homme est accusé de rébellion. En tout cas, on sait qu'il a résisté par deux fois aux soldats du roi.

—Ah! madame, s'écria Marillac, je vais vous dire en quelles circonstances...

—Chut! fit la reine. C'est bien, Nancey.

Le capitaine se retira.

—Mon cher enfant, reprit alors Catherine, je vais vous donner une preuve de... ma bienveillance... telle que mes fils Henri et François pourraient seuls en attendre de moi... Demeurez ici jusqu'à mon retour.

Marillac s'inclina profondément. Il tremblait. Un bouleversement se faisait dans son esprit. La conviction entrait en lui profonde, indéracinable, que la reine avait pour lui une affection profonde, une affection de mère.

Coupable? criminelle? hypocrite? cette femme qui le regardait avec une pareille douceur, qui lui parlait avec cette agitation que lui seul pouvait comprendre!

Et il n'était pas jusqu'à cette confiance illimitée de la reine qui ne lui inspirât une gratitude dont se gonflait son coeur, confiance que la soupçonneuse Catherine n'eût peut-être pas témoignée au roi lui-même.

En effet, la reine le laissait seul! Et là, devant lui, se trouvaient les lettres qu'elle écrivait, secrets d'État sans aucun doute!