—Ah! madame, s'écria Alice dans une explosion de joie sincère, que ne puis-je mourir pour Votre Majesté!...
—Enfant que vous êtes! Songez donc à vivre bien plutôt!... Mais ce n'est pas tout, Alice. Je vous ai parle avec la plus entière franchise... j'espère que vous-même...
—Interrogez-moi, madame!
—Eh bien, demanda la reine, que prétendez-vous faire? J'entends non pas seulement demain, mais dès cette nuit... Restez-vous à Paris?... Vous en allez-vous?...
Alors l'espionne devina ou crut avoir deviné la secrète pensée de la reine.
Le comte de Marillac, c'était son fils!
L'espionne le savait. Elle l'avait appris à Saint-Germain, dans la soirée même où la reine de Navarre l'avait chassée. Ce terrible secret, elle l'avait enfermé au plus profond de son coeur.
En effet, elle avait cette conviction profonde que la reine tuerait Marillac du jour où le mystère de sa naissance menacerait de s'éclairer.
Voici donc ce qu'elle supposa: la reine sait que Marillac est son fils. Elle sait que je ne puis vivre à Paris sans risquer d'être démasquée à chaque instant. Elle sait donc que j'entraînerai le comte le plus loin possible de Paris. Et c'est pour cela, c'est uniquement pour cela qu'elle me le donne pour époux et que mon mariage se fait la nuit, en plein mystère...
—Madame, dit-elle, c'est justement de ces choses que je voulais, ce soir, m'entretenir avec le comte. Mais j'attendrai les ordres de Votre Majesté.