—Mais la lettre, madame...
—La lettre? ah! oui... eh bien?
—C'est ce soir qu'on devait me la remettre, fit Alice tremblante d'espoir.
—Que Panigarola doit vous la remettre, voulez-vous dire? Puisque je la lui ai remise à lui-même! Puisqu'il vous pardonne!... Eh bien... à onze heures, vous verrez le marquis, et à minuit, le comte de Marillac arrivera, je me charge de le prévenir...
Alice sentait sa tête lui tourner comme lorsqu'on a le vertige.
Que Panigarola et Marillac fussent amenés par la reine dans le même lieu, presque à la même heure, cela lui semblait une redoutable conjoncture.
Le moine s'en irait-il? Le moine était-il au courant du mariage qui se préparait? Aurait-il donc cette grandeur d'âme de disparaître, la laissant libre, heureuse?...
—Vous ne me remerciez pas? reprit la reine toujours souriante.
—Hélas! madame! Vous me voyez toute bouleversée de bonheur et de crainte...
—De crainte?... Ah! oui... vous pensez que les deux rivaux peuvent se rencontrer, qu'un mot échappé à Panigarola peut tout apprendre à Marillac... Rassurez-vous: j'ai pris mes précautions... ils ne se verront pas.