Elle sortit, laissant Alice palpitante, courbée par l'émotion plus encore que par le respect.

«O mon amant! s'écria l'espionne quand elle fut seule, enfin, nous touchons au bonheur.»

XVI

L'ESCADRON VOLANT DE LA REINE (suite)

Dix heures du soir venaient de sonner. Au Louvre, la première journée des fêtes données en l'honneur du grand acte qu'avait été le mariage d'Henri de Béarn et de Marguerite de France, cette première journée s'achevait dans une joie sans mélange.

Au-dehors, tout était silence et ténèbres.

A dix heures du soir, l'église Saint-Germain-l'Auxerrois était plongée dans une profonde obscurité.

Cependant, l'une des chapelles latérales s'éclairait faiblement, grâce à quatre flambeaux qui brûlaient sur l'autel.

Dans ce coin de l'église, un étrange spectacle eût frappé le visiteur qui fût entré à ce moment-là, si toutefois quelqu'un eût pu entrer: chose difficile, car les portes étaient fermées, et à chacune de ces portes, au-dehors, dissimulés dans l'ombre, trois ou quatre hommes montaient la garde.

Si quelqu'un venait et frappait d'une certaine façon convenue, ils devaient ne pas s'en inquiéter: on ouvrirait à ce quelqu'un, du dedans. Ces nocturnes veilleurs avaient mission de se saisir de toute autre personne qui se serait approchée.