«Bon. Les quarante mille livres y sont. Cornes d'enfer! Pourquoi ne suis-je pas plus joyeux?...»

Qu'eût dit le truand s'il eût connu la véritable fortune que renfermait la sacoche?...

Peu nous importe, au fond.

Cette sinistre silhouette, apparue un instant, disparaît de notre récit sans que nous sachions si nous la retrouverons plus tard. C'est une ombre qui passe; nous l'avons noté pour le geste tragique inspiré par Catherine, qui avait toutes les prudences.

Le truand, ayant vidé plusieurs flacons, paya et s'en alla sans bruit.

Mais, puisque nous venons de pénétrer dans le cabaret des deux-morts-qui-parlent, jetons-y un coup d'oeil.

Il y avait nombreuse société, surtout composée de femmes, dans ce que Catho appelait la grande salle.

Catho était sujette aux hyperboles et exagérations. En vente, cette «grande salle» était assez étroite. Elle contenait cinq tables. A chaque table, il y avait trois ou quatre buveurs, truands et ribaudes, physionomies féroces ou abêties, gens de sac et de corde, qui composaient la clientèle nocturne du cabaret.

En effet, l'auberge des Deux-morts-qui-parlent, fréquentée le jour par des bourgeois et des soldats, devenait, la nuit, un véritable repaire. Catho ne s'était jamais senti le courage de refuser l'hospitalité à ses anciennes connaissances.

Il en résultait que cette salle avait, le jour, l'aspect du plus honnête cabaret qui fût dans le quartier, et, la nuit, l'apparence d'une véritable caverne où se réfugiaient des gens poursuivis par le guet, des ribaudes qui attendaient la bonne fortune.