A cette heure tardive, Catho n'était pas couchée encore. Elle était attablée dans un étroit cabinet, attenant à la salle publique, et causait avec deux jeunes femmes.
Ces deux femmes étaient entrées vers dix heures dans le cabaret, et, comme cette visite s'enchaîne étroitement à divers incidents de l'histoire que nous racontons, il est intéressant que nous reprenions du début la conversation qu'elles eurent avec Catho.
Lorsqu'elles pénétrèrent dans la salle, Catho s'avança à leur rencontre en disant:
«Vous voilà donc, mes toutes belles? Plus d'un mois qu'on ne vous a vues... Sûrement, vous avez quelque chose à me demander...
—C'est vrai, Catho, c'est vrai. Nous avons quelque chose à te demander, fit l'une des deux femmes.
—Et c'est grave, ajouta l'autre.
—Bon, bon, entrez là, dit Catho en les poussant vers le cabinet. Vous êtes toujours à court, et vous ne me rendez jamais. Toi, la Roussette, tu as encore mon beau collier de verroterie bleue que je te prêtai pour faire la conquête de ce beau capitaine, et toi, Pâquette, tu me dois Je ne sais plus combien d'écus... Vous êtes deux paniers percés...
—Mais aussi, comme nous t'aimons!
—Ah! jeunesse, jeunesse! Vous ne voulez pas mettre un sol de côté... S'il vous arrivait pourtant ce qui m'est arrivé à moi! Si vous perdiez votre beauté du diable!
Elles entrèrent dans le cabinet, tandis que la maîtresse du cabaret s'occupait de divers clients. Enfin, la digne Catho vint rejoindre ses préférées avec un flacon de vieux vin et quelques tartelettes.