Elle aimait la Roussette et Pâquette justement à cause des défauts qu'elle leur reprochait.

La Roussette, la plus hardie des deux, prit la parole, sur un coup de coude que lui donna Pâquette.

—Voilà, dit-elle, Pâquette et moi, nous sommes invitées à une fête...

—Pour quand? fit Catho souriante.

—Pour dimanche... Tu vois que nous avons le temps de nous préparer... surtout si tu nous aides.

—Et en quoi puis-je vous aider, friponnes? Il vous faut quelque collier, quelque ceinture?

—Eh bien, pas du tout, Catho. Il faut que nous soyons décemment vêtues, comme des bourgeoises, si j'ose dire. Dame... il y aura à cette fête des juges, des prêtres, sans doute... et lors, comprends-tu? Pâquette et moi, nous avons passé la journée à examiner nos robes... Toutes bonnes pour notre métier... corsages ouverts... ceintures éclatantes: non, il n'est pas possible que nous allions ainsi vêtues à cette fête. Et pourtant nous voulons y aller... Ecoute, Catho, il faut que d'ici à dimanche, et même samedi soir, tu nous aies habillées...

Catho leva les bras au ciel:

—Mais enfin! s'écria-t-elle, qu'est-ce donc que cette fête où doivent paraître des juges et des prêtres et où vous ne pouvez paraître avec ces robes, qui pourtant vous vont à merveille?

—Ah! Catho, si tu savais! fit timidement Pâquette.