—Ne lis pas!... Donne-moi cette preuve d'amour! Regarde-moi! Je t'aime, tu ne peux savoir combien je t'aime! Ne lis pas, mon amant, mon époux! Ne lis pas le papier de cet homme!
—Alice! Tu connais cet homme!
Leurs voix, maintenant, avaient d'étranges intonations. Ils ne les reconnaissaient pas. Toute l'horreur, toute l'épouvante était dans la voix d'Alice, tandis que celle de Marillac rugissait le soupçon.
La malheureuse fit un effort désespéré et tenta de prendre le papier.
Marillac, d'un mouvement de douceur formidable se défit de l'étreinte et monta jusqu'à l'autel, posa près du tabernacle la lettre que ses doigts ne pouvaient plus tenir.
Alice se mit à genoux et murmura:
—Oh! mon amant, mon unique amour, adieu... tu ne sauras jamais... comme tu as été adoré... adieu...
Et, portant à ses lèvres le chaton d'une bague qui ne quittait pas son index, elle le mordit.
Alors elle leva sur Marillac des yeux empreints d'une passion surhumaine et attendit la mort.
A la lueur du cierge posé près du tabernacle, Marillac lut ces mots: