C'était le plan définitif de la campagne qu'on allait entreprendre contre les Pays-Bas et dont Coligny devait avoir le commandement suprême.

Le roi devait étudier ce plan avec l'amiral et lui donner la dernière approbation.

Charles IX venait de se lever lorsque l'amiral arriva aux appartements du roi déjà envahis par la foule des courtisans. Il était ce matin-là de bonne humeur, et, lorsqu'il aperçut Coligny, il alla à sa rencontre, le pressa tendrement dans ses bras et s'écria:

—Mon bon père, j'ai rêvé cette nuit que vous me battiez!

—Moi, sire!

—Oui, oui, vous-même.

Déjà l'inquiétude se peignait sur le visage des huguenots présents, tandis que les catholiques ricanaient. Les uns et les autres pressentaient quelqu'une de ces terribles plaisanteries dont Charles IX était coutumier.

Mais le roi, éclatant de rire, continua:

—Vous me battiez à la paume! Conçoit-on cela? Moi, le premier joueur de France!

—Et de Navarre, sire! dit en souriant Henri de Béarn. Chacun sait que mon cousin Charles est imbattable à la paume.