Cependant, avec l'aide de ses amis, Coligny s'était relevé; mais il ne put se tenir debout et parut prêt à défaillir.

—Une chaise! cria Clermont de Piles.

Dans la foule, il y eut des ricanements; nul ne bougea. Les huguenots se regardèrent épouvantés, tout pâles.

Alors, deux d'entre eux unirent leurs mains entrelacées, formant ainsi une sorte de siège sur lequel le blessé fut assis, ses deux bras au cou des deux gentilshommes.

Les autres entourèrent ce groupe en silence, l'épée à la main. Ceux qui avaient essayé vainement de défoncer la porte, vinrent s'unir au cortège, qui se mit en route.

Coligny n'avait pas perdu connaissance.

—Soyez calmes, répétait-il d'une voix encore forte.

Mais ses amis ne l'écoutaient pas. Clermont de Piles pleurait—de colère autant que de douleur. Les autres criaient:

—On a tué l'amiral! on a meurtri notre père! Vengeance!

A chaque instant, ils rencontraient des huguenots, qui, se réunissant au cortège et voyant l'amiral grièvement blessé, tiraient leur épées et criaient: