—Vengeance!
En arrivant rue de Béthisy, ils étaient deux cents, agitant leurs épées, pleurant, menaçant, et les groupes du peuple qui les regardaient passer gardaient le silence.
Le bruit de l'attentat se répandit avec une rapidité inouïe; en moins d'une heure, une effervescence extraordinaire enfiévra Paris; les bourgeois sortirent en armes a tous les carrefours, des danses s'organisèrent; en d'autres endroits, des prêtres, montés sur des bornes, expliquèrent au peuple que Dieu venait de frapper un ennemi de l'Eglise.
A l'hôtel Béthisy et dans les environs, plus de mille huguenots s'étaient rassemblés et organisés, ne doutant pas qu'on voulût tuer l'amiral et décidés à le défendre en bataille rangée.
Cette multitude de gentilshommes exaspérés emplissait la cour de l'hôtel et, refluant par les portes grandes ouvertes, occupait toute la rue.
Cependant, le calme se rétablit peu à peu, et les épées rentrèrent dans les fourreaux lorsque le bruit se fut répandu que le meurtrier de l'amiral était un vulgaire coquin et non un stipendié du chanoine Villemur, comme on l'avait pensé. Le calme devint de l'apaisement lorsqu'on sut que les blessures, n'étaient nullement mortelles.
Malgré ce calme et cet apaisement, un grand nombre de huguenots s'enquirent, sur l'heure même, des logements qui étaient à louer dans la rue de Béthisy, voulant être prêts, jour et nuit. à courir au secours de leur chef.
Vers deux heures, il y eut un remous dans cette foule qui continuait à stationner dans la rue.
Une litière venait d'apparaître au bout de la rue; elle était précédée et suivie d'une demi-compagnie d'arquebusiers.
«Le roi! Le roi!...»