—Le capitaine est à son poste avec les cent gardes.

—Que fait le roi?

—Sa Majesté est sortie ce matin de bonne heure; mais tout le monde croit, au Louvre, que le roi dort.

Catherine alla soulever une tenture et vit Nancey, son capitaine, l'épée nue à la main. Elle eut un geste de satisfaction et, venant s'asseoir près d'une petite table qui supportait un lourd missel, elle s'assura que son poignard était bien en place à portée de sa main, et elle dit:

—Fais prévenir M. le duc de Guise que je l'attends.

Deux minutes plus tard, le duc, somptueusement vêtu comme à son ordinaire, pénétrait dans l'oratoire et s'inclinait devant la reine.

La reine s'arma de son plus charmant sourire et désigna un siège au duc qui, sans se faire prier davantage, s'assit, campa son poing sur la hanche et regarda fixement la souveraine, comme d'égal à égal.

—Il se croit déjà roi! songea-t-elle.

Quel était donc cet homme qui faisait trembler l'indomptable Catherine?

Henri Ier de Lorraine, duc de Guise, était alors âgé de vingt-deux ans.