—Les bombardes des jours de fête? insista Catherine.

—Non pas, madame: douze canons de bataille qui sont entrés secrètement au Louvre la nuit dernière.

Guise pâlit. Il ne souriait plus. D'instinct, il se leva et prit une attitude où commençait à paraître une nuance de respect.

—Achevez de rassurer M. le duc, dit Catherine. Que nous ont annoncé les messagers qui nous arrivent de puis trois jours?

—Mais, fit Nancey d'un air étonné, ces messagers annoncent simplement que les ordres du roi s'exécutent et que chaque gouverneur a mis des troupes en marche sur Paris...

—En sorte que?...

—En sorte que six mille cavaliers nous ont été signalés ce matin et seront dans la journée à Paris; en sorte que huit à dix mille fantassins doivent arriver ce soir ou demain matin au plus tard; en sorte que, sous trois jours, il y aura dans Paris ou sous les murs de Paris une armée de vingt-cinq mille combattants aux ordres du roi.»

Cette fois, Henri de Guise ne dissimula plus: il était atterré.

—La partie est perdue! gronda-t-il.

Et il s'inclina devant la reine avec un respect qu'il ne lui avait jamais témoigné: il était vaincu.