Mais déjà Nancey reprenait:

—Puisque nous parlons de ces choses, madame, voulez-vous me dire qui doit prendre le commandement des troupes du Louvre? Est-ce M. de Cosseins?

Le duc de Guise tressaillit d'espoir: Cosseins était à lui, on le sait. Mais cet espoir fut de courte durée.

—Monsieur de Cosseins, dit la reine, a obtenu du roi la garde de l'hôtel-amiral. Qu'il y reste. Nancey, vous commanderez. Je sais à quel point vous êtes dévoué.

Nancey mit un genou à terre et dit:

Jusqu'à la mort. Majesté!

—Je le sais. Faites donc, dès la nuit tombante, charger les arquebuses. Placez vos hommes en les distribuant à chaque porte. Que les canons soient chargés et pointés dans toutes les directions. Que les cavaliers se tiennent à cheval dans la cour, prêts à charger. Mettez quatre cents Suisses autour du roi, et, si on tente de marcher sur le Louvre, feu, Nancey! feu de vos arquebuses! feu de vos canons! feu partout et contre qui que ce soit, manants, bourgeois, prêtres, gentilshommes huguenots ou catholiques... tuez tout.

—Je tuerai tout! s'écria Nancey en se relevant. Mais, madame, autour de Votre Majesté... qui dois-je placer?

Catherine se leva, tendit son bras vers le Christ d'argent et, d'une voix qui eut des sonorités étranges, elle répondit:

—Autour de moi? Personne: j'ai Dieu pour moi!...