Au bout de deux heures, ayant jonché le parquet de papiers et de volumes épars, il finit par mettre la main sur ce qu'il cherchait: c'était un livre qui ne contenait guère qu'une cinquantaine de pages. Les pages étaient moisies. Les caractères de l'écriture étaient hébraïques.

Lentement, Ruggieri se mit à le feuilleter. Ses yeux, d'un seul trait, parcouraient chaque page.

A la vingt-neuvième page, il eut comme un sourd rugissement, et son doigt se posa, s'incrusta sur une ligne.

«La formule d'incantation!» gronda-t-il.

Il était à ce moment dix heures du soir. Le silence était profond au-dehors.

Comme minuit approchait, l'astrologue alluma cinq nouveaux flambeaux, ce qui faisait sept avec ceux qui l'éclairaient déjà.

Il les plaça sur le parquet dans l'angle du laboratoire tourné à l'est. Les flambeaux étaient placés en fer à cheval dont l'ouverture se trouvait donc tournée vers l'ouest, et formaient un demi-cercle dans le coin, un demi-cercle appuyé à l'est. Dans ce demi-cercle de lumière, Ruggieri se plaça debout, tourné vers l'intérieur du laboratoire, c'est-à-dire regardant l'ouest, qui est le lieu de ténèbres, par rapport à l'est d'où vient la lumière.

De fa main, il traça dans l'air un cercle, comme pour s'enfermer.

Puis, devant lui, à ses pieds, au milieu des deux branches du fer à cheval formé par les sept flambeaux, il enfonça profondément son poignard dont la garde formait une croix.

Alors, tirant un chapelet de son pourpoint, il en détacha douze grains qu'il plaça en cercle autour du poignard dressé comme une croix.