Où fuir? Plus féroce, plus lugubre, l'immense et tragique hurlement répercutait les échos prolongés de ses clameurs. L'affreuse tempête des tocsins déployait sur Paris des rafales plus violentes. Ah! non, elles ne se tairaient pas, les cloches! Pendant quatre jours et quatre nuits, elles devaient ainsi rugir sans arrêt.
Charles courut à la fenêtre, arracha le rideau, souleva un châssis.
Il recula en claquant des dents.
Le jour venait. Le matin de ce dimanche se levait. Mais, malgré le jour, les torches continuaient à courir.
Des gens, avec de longs cris d'horreur, fuyaient. D'autres, rouges de sang, les poursuivaient.
Ce fut une vision rapide, effrayante. Charles recula jusqu'au milieu de la chambre. Il bégaya:
«Qu'ai-je fait? Qu'ai-je dit?... Quoi! c'est par mon ordre que cela se fait!... Oh! je ne veux pas voir... je ne veux pas entendre!... Où fuir? Où fuir?...»
Où fuir?... Il ouvrit la porte de sa chambre, se glissa, pareil à un fantôme, le long d'un couloir, et entra dans une galerie. Et ses cheveux se hérissèrent.
Cinq ou six cadavres lui apparurent, les uns sur le nez, tout ramassés, les autres sur le dos, les bras en croix. Dans un angle de la galerie, un jeune homme se défendait contre une douzaine de catholiques. Il tomba tout à coup. C'était Clermont de Piles. Au centre de la galerie, deux femmes à genoux levaient les mains; elles tombèrent, la gorge ouverte de coups de poignards. Et là, les hurlements des hommes retentissaient, plus féroces que ceux des cloches. Il recula. Il n'entra pas dans la galène et il bégaya:
«C'est moi! C'est moi qui tue ces femmes! C'est moi qui assassine ces hommes! Grâce! Pitié! Où fuir?...