«Tuez!... Tuez!... Tuez!...»
Et cette loque, c'était le roi de France!
Condé leva ses deux poings crispés vers le ciel comme pour une malédiction suprême. Et brusquement, il sortit du cabinet.
XXXIV
ENTRÉE DE CATHO DANS LA GLOIRE
Vers l'heure où Catherine de Médicis, au balcon du Louvre, attendait le premier coup de tocsin Catho comme on a vu cheminait dans la nuit que sillonnaient de lueurs falotes les lanternes des marqueurs de portes. Elle était paisible et farouche. C'était tout simple, ce qu'elle entreprenait!... et c'était formidable!
Parvenue devant l'ouverture d'un profond cul-de-sac plus noir et plus silencieux encore que les rues avoisinantes, elle s'arrêta et, à demi-voix, se mit à fredonner une complainte.
Aussitôt dans le cul-de-sac, se produisit un murmure confus de voix, vite étouffé, un remous d'ombres se mettant en mouvement. Catho se remit en marche Mais, cette fois, elle n'était plus seule. Une troupe étrange la suivait. Près de trois cents femmes. Toutes celles à qui, dans son cabaret, elle avait donné rendez-vous. Mendiantes et ribaudes, jeunes et vieilles borgnesses, bancales, boiteuses, hideuses mégères de la Cour des Miracles ou belles filles d'amour elles marchaient en troupeau serré, Catho en tête, étrange général de cette armée fantastique. Elles allaient d'un bon pas. Toutes étaient armées, les unes de vieux pistolets les autres d'épées rouillées, d'autres d'une barres de fer, d'autres d'un simple gourdin, d'autres, enfin, n'avaient que leurs griffes.
Comme pour Catho. c'était tout simple, ce qu'elles entreprenaient!
A diverses reprises, le fantastique troupeau qui piétinait derrière Catho fut arrêté par ces petites troupes qui s'en allaient de porte en porte. Le chef de l'une d'elles voulut interroger Catho et lui barrer le chemin. Mais Catho et ses guerrières le regardèrent d'un air si menaçant que l'homme recula, il supposa, d'ailleurs, que peut-être ces femmes avaient un rôle à jouer dans la grande tragédie.