—Catho!...
Ce cri éclata en même temps, poussé par les deux hommes.
Un instant, ils demeurèrent comme pétrifiés devant le boyau empli de femmes qui maintenant riaient, battaient des mains, se félicitaient, jacassaient, pleuraient.
Alors, ils comprirent!
Leur imagination, prompte comme la foudre, reconstitua l'épopée: Catho soulevant les ribaudes et les truandes pour envahir le Temple, et la bataille, et la ruée a travers les sombres couloirs; et ils comprirent pourquoi, au moment de se frapper, ils avaient entendu de sourdes rumeurs, pourquoi le plafond s'était arrête net pourquoi la porte s'était ouverte, pourquoi ils étaient vivants, libres, hors l'épouvantable cauchemar de la mécanique de fer!...
D'un bond, ils furent près de Catho.
D'un même mouvement, ils tombèrent à ses genoux et chacun d'eux, saisissant une de ses mains, y déposa un long baiser.
Catho, appuyée au mur, se laissait faire, comme si elle eut compris que cet hommage, venant de pareils hommes, était la suite toute naturelle du rêve de son âme simple, violente et douce.
Le gnome, le monstre, en sautillant sur ses iambes torses, s'était faufilé, avait fui, effaré.
Dans l'étroit couloir, le silence s'était rétabli, et on entendait seulement la sourde rumeur qui venait du monde des vivants en train d'accomplir la grande hécatombe.