Or, devant toute la bande, marchaient trois hommes. Ces trois hommes portaient des piques. Au bout de chacune de ces piques, il y avait une tête!...

—Vive Kervier! Vive Kervier! vociférait la foule frénétique.

Kervier! le libraire Kervier! Cervier! Loup-Cervier! Il brandissait sa pique au haut de laquelle la tête blafarde se balançait...

Cette tête, les deux Pardaillan la reconnurent ensemble et un même frémissement d'horreur les secoua.

—Ramus!

Le chevalier avait murmuré le nom en fermant un instant les yeux...

C'était bien la tête du pauvre et inoffensif savant...

Les yeux du chevalier demeuraient fixés sur cette tête. Puis ces yeux s'abaissèrent sur celui qui portait la pique, sur Kervier. Le chevalier trembla. Cette impression d'horreur et de pitié qui l'avait paralysé fit place à une furieuse colère qui blanchit ses lèvres.

Kervier vit cette figure convulsée qui le regardait; il y lut le mépris foudroyant qui y éclatait. Il eut un grondement et fit un geste pour désigner les deux Pardaillan; dans la même seconde, il tomba, roula sur la chaussée qu'il talonna. Il cria:

—Malédiction!