En même temps, il frappait le gant cloué à la porte.

Dans les environs, le tumulte grandissait, des torches passaient, des cris retentissaient. Les trente cavaliers, immobiles comme des statues, ne tournaient pas la tête vers ces clameurs: ils regardaient leur chef.

Damville frappa le gant. Et, d'une voix devenue plus sauvage, il cria:

—Où es-tu, François de Montmorency? Pourquoi n'es-tu pas ici quand je relève ton gant?

Aussitôt, il arracha le gant et alla l'attacher à l'arçon de sa selle.

Pour la troisième fois, il cria:

—Lâche! Puisque tu n'es pas ici pour relever ton défi, c'est donc moi qui vais te retrouver!

A ces mots, il monta à cheval et, s'élançant au galop, rejoignit son armée au moment où elle venait de franchir le Grand-Pont.

Le maréchal de Montmorency, tenu à l'écart comme nous avons vu, suspect à Guise, haï de la vieille reine, ignorait ce qui devait se passer. L'eût-il su même, il lui eût été impossible de supposer qu'on oserait s'attaquer à un Montmorency.

François de Montmorency, donc, se savait suspect, mais non désigné aux coups des massacreurs.