A tout hasard, il mit son hôtel en état de défense.
Une douzaine de gentilshommes, les uns catholiques, les autres huguenots, et bons serviteurs de la monarchie, mais comme lui ayant horreur de tant de guerres sauvages, vivaient dans l'hôtel et composaient sa maison, ou, si l'on veut, sa cour.
Le maréchal porta à quarante le nombre des gens d'armes qu'il entretenait.
De plus, il arma les laquais: il y en avait une vingtaine dans l'hôtel.
Tout cela formait un total d'environ quatre-vingts combattants. L'hôtel fut abondamment pourvu de poudre, de balles, de mousquets, de pistolets et d'armes de toute nature, des provisions de bouche pour un mois y furent entassées.
La successive disparition du vieux Pardaillan et du chevalier raviva les inquiétudes du maréchal. Dès lors tous les soirs, l'hôtel fut barricadé.
Pendant ces quelques journées, Loïse vécut auprès de sa mère La douce folie de Jeanne de Piennes demeurait invariable dans ses manifestations; toujours elle se croyait à Margency et on la voyait prêter l'oreille en murmurant:
—Le voici qui vient... Je vais lui dire... oh! je tremble... Et, si François apparaissait alors, le coeur serré les bras vaguement tendus vers celle qui l'avait tant aimé, la folle le regardait d'un air étonné, sans le reconnaître:
Quant à Loïse, si elle souffrit de l'inexplicable disparition du chevalier il fut impossible de le deviner; son pur et fier profil de vierge ne s'altéra pas. Seulement l'inquiétude faisait de terrible ravages dans cette âme.
Le samedi soir, comme elle s'était assise près de Jeanne de Piennes, s'occupant à un travail de broderie ses yeux rêveurs parurent fixer un point dans l'espace; la folle, qui semblait sommeiller, redressa soudain, se pencha, et, la figure extasiée, murmura: