La mêlée commença; les arquebuses et les pistolets déchargés se turent; on commença à se battre à coups de piques, de dagues et de rapières.
Serrés en un groupe compact, en un peloton hérissé, les gens de Montmorency tenaient tête à la meute; ils gardaient le silence farouche du désespoir; les assaillants hurlaient, vociféraient; dans la rue, la foule accourue de toutes parts voulait entrer, tuer; le besoin de tuer était dans ces esprits affolés.
Montmorency cherchait des yeux Damville; il ne le voyait pas.
Damville attendait la minute propice.
L'estramaçon de François, de seconde en seconde, se levait et s'abattait.
Autour de Montmorency, une quinzaine de corps, entassés, morts ou blessés, lui faisaient un rempart.
Son peloton, réduit de la moitié, s'était massé au pied du perron central de l'hôtel.
Or, pendant que ces reîtres tourbillonnaient autour de cette poignée d'hommes, Damville avait rassemblé cent de ses cavaliers démontés sur la gauche de la cour.
Et il les jetait comme un bélier vivant sur le groupe de défenseurs et d'assaillants. Leur masse se rua d'un bloc.
Avec la violence d'épaves lancées à la côte, les gens de Montmorency furent précipités sur le bâtiment de droite.