Sur son dernier mot, il perdit connaissance. Un sanglot terrible convulsa la gorge du chevalier...
Il enleva le vieux dans ses deux bras et se mit en marche...
La foule se rua avec un long hurlement de mort et envahit les décombres de ce qui avait été la cour d'honneur.
L'instant d'après, le chevalier, emportant son père chargé sur ses épaules, achevait de franchir les ruines, se retrouvait dans les jardins, courait dans un dernier effort jusqu'à la voiture où il déposa le vieux routier agonisant, entre Jeanne de Tiennes et Loïse... entre la mère dont il avait jadis enlevé l'enfant... et la fille qu'il avait ramenée!...
Alors, il ramassa une rapière, sauta sur le cheval sans selle que lui tenait le maréchal; il se mit en tête et piqua droit devant lui, vers la porte la plus voisine!...
Dans la voiture, le vieux routier, secoué par les cahots, revint à lui; il fouilla dans une de ses poches, en tira un papier qu'il serra convulsivement dans sa main et qu'il tendit tout froissé à Loise...
XLVII
LA BONNE ÉTAPE
Il pouvait être sept heures du soir. Le soleil descendait vers l'horizon et ses rayons obliques nuançaient de pourpre les fumées qui roulaient lourdement sur Paris. Dans les rues, dans les carrefours, dans les maisons, on tuait toujours.
Pardaillan, sur son cheval sans selle, rapière au poing, passait à travers ces horreurs. Il ne voyait plus rien. Il n'entendait plus rien. Dans sa tête, une seule idée fixe: gagner l'une des portes de Paris! Sortir de cet enfer! Comment? Il ne savait pas...