Le vieux routier eut un pâle sourire. Il murmura:
Ta main, chevalier!...
Le chevalier, à bout de forces, s'abattit à genoux, saisit la main de son père, y colla ses lèvres et s'abandonna aux sanglots.
—Tu pleures?... enfant!... Donc te voilà... comte de Margency... Va, mon fils, tu seras heureux.. Et vous aussi, ma chère enfant... Vos deux visages... près du mien... jamais je n'eusse osé... rêver... une aussi belle.... mort!...
—Tu ne mourras pas! bégaya le chevalier. Mon père!...
—C'est ici... ma dernière étape, chevalier, la bonne étape... de l'éternel repos!... Et tu voudrais que je ne meure pas?... Adieu, maréchal... adieu, Loïse... Loïsette... Loïson... je vous bénis, chère petite... adieu, chevalier...
Les mains du vieux routier devenaient glacées... Le sire de Pardaillan ferma un instant les yeux.
Il les rouvrit bientôt, jeta un regard autour de lui et dit:
—Chevalier... je veux reposer... ici... l'endroit est charmant... près de cette source... sous ce grand hêtre... Moi qui ai couru... tant d'auberges... ce sera là ma dernière auberge...
Une plainte déchirante jaillit des lèvres du chevalier