Le maréchal et les paysans s'approchèrent de cette tombe et s'inclinèrent profondément.
Loïse et le chevalier s'agenouillèrent, leurs mains s'unirent...
Et, comme Loïse cherchait ce que, dans sa naïve croyance, elle pourrait dire qui fût bien venu du vieux père couché sous la terre, elle murmura:
—O mon père, je te jure d'aimer toujours celui que tu aimais tant!...
Bientôt, ils se relevèrent. Loïse, de deux branches coupées par un paysan, fit une croix et la planta dans la terre fraîchement remuée...
Alors, elle remonta dans la voiture; le maréchal se remit en selle, le chevalier sauta sur son cheval et ils prirent le chemin de Montmorency.
Comme le soleil se levait, ils pénétraient dans l'antique château féodal...
Quant à la fosse creusée par le chevalier, voici ce qui arriva: la croix plantée par Loïse fut remplacée, par les paysans qui avaient assisté à la scène, par une grande croix mieux faite.
Enfin, l'humble croix paysanne fut remplacée par un crucifix immense, qu'on appela le Calvaire.
Le souvenir de ces choses s'est perpétué jusqu'à nos temps, et aujourd'hui encore, à l'endroit où le vieux routier rendit le dernier soupir, il y a une petite place qu'on appelle la place du Calvaire de Montmartre.