Non, Catherine de Médicis ne venait pas, ce matin-là! Sans doute, elle devait être fort occupée, depuis que le cavalier aperçu par Entraigues était entré au château.

—Couche-moi, nourrice, reprit Charles au bout d'un moment.

La vieille nourrice obéit. Bientôt, le roi fut installé dans son grand lit. Elle le borda maternellement. Il ferma les yeux.

—Il va mieux, songea la nourrice.

Lorsqu'il comprit qu'il était seul, Charles IX ouvrit les yeux.

—Seul! murmura-t-il. Tout seul! Autour de moi, le silence, l'abandon! plus de courtisans, plus de gardes! On sait que je vais mourir...

La solitude, en effet, était profonde autour du roi. C'était bien le silence de l'abandon. Seule, la vieille nourrice venait de temps à autre se pencher sur lui...

Pourtant, en prêtant l'oreille, il semblait à Charles qu'il entendait dans le château des bruits inaccoutumés, un mouvement de va-et-vient de gens empressés, une rumeur joyeuse, eût-on dit! cette rumeur d'une foule de courtisans qui s'empresse autour d'un roi...

Quelle était donc cette Majesté qu'on saluait ainsi, tandis que lui demeurait seul, tout seul en présence de la mort?...

Les heures s'écoulèrent.