Le maréchal la prit par les deux mains, la mit debout sans que sa mère essayât de la retenir et il la contempla avec avidité.
Il la reconnut à l'instant.
Loïse était le vivant portrait de sa mère.
Ou plutôt elle était le commencement de Jeanne telle qu'il l'avait vue et aimée à Margency.
«Ma fille!» balbutia-t-il.
Loïse, toute frissonnante de sanglots, se laissa aller dans les bras du maréchal et, pour la première fois de sa vie, avec un inexprimable ravissement mêlé d'une infinie douceur, elle prononça ce mot auquel ses lèvres n'étaient pas accoutumées...
«Mon père!...»
Alors, leurs larmes se confondirent. Le maréchal s'assit près de Jeanne dont il garda une main dans sa main, et prenant sa fille sur ses genoux, comme si elle eût été toute petite, il dit gravement:
«Mon enfant, tu n'as plus de mère... mais, dans le moment même où ce grand malheur te frappe, tu retrouves un père...»
Ce fut ainsi que ces trois êtres se trouvèrent réunis.