—Mais, s'écria le maréchal avec plus d'inquiétude encore que de colère, c'est une tyrannie cela!

—Ordre du roi, monseigneur!...

—Eh quoi! On ne peut plus sortir de Paris ni y entrer?...

—Pardon, monseigneur: il est facile d'y entrer et d'en sortir. On n'empêche personne d'entrer. Et, quant à sortir, il n'y a qu'à se procurer un laissez-passer de M. le grand prévôt. Il demeure à deux pas de la Bastille. Et, si monseigneur le désire...

—Inutile, dit le maréchal.

Et il donna l'ordre du retour.

«Ordre du roi! murmura-t-il. Très bien. Mais qui cet ordre vise-t-il? Moi? Quelle apparence y a-t-il?...»

Tout aussitôt, il songea à ces nombreux huguenots venus à Paris, avec Jeanne d'Albret, le roi Henri de Navarre et l'amiral Coligny.

François de Montmorency demeura persuadé qu'il s'agissait d'une mesure de police prise sans autre intention contre les huguenots.

Cependant, le carrosse avait repris le chemin de l'hôtel de Montmorency. Le vieux Pardaillan, lui, avais mis pied à terre et donné son cheval à conduire en main, à l'un des cavaliers de l'escorte. Il voulait en avoir le coeur net, et son intention était d'interroger l'officier.